Le carnet du taxi
Revenus d’un chauffeur de taxi : ce qui les fait varier
Aucun chiffre de revenu ici, volontairement. À la place, la mécanique : d’où viennent les recettes d’un taxi, quelles charges les réduisent, et ce qui fait la différence entre deux chauffeurs de la même ville.
- Prise en charge
- 4,48 € au plus
- Kilomètre
- 1,30 € au plus
- Conventionné
- 13 € de prise en charge
- ADS rachetée
- 30 000 à 300 000 €
Pourquoi nous ne donnons pas de chiffre
Cherchez « salaire taxi » et vous trouverez des montants qui vont du simple au triple, rarement sourcés. Nous avons fait un autre choix : aucun chiffre de revenu sur ce site. Un taxi ne touche pas un salaire fixé par une grille ; il encaisse des courses à tarif réglementé, puis paie des charges qui dépendent de son statut, de son véhicule, de sa ville et de ses horaires. Deux taxis voisins peuvent avoir des résultats très différents.
Ce que l’on peut faire honnêtement, c’est décrire la mécanique : d’où vient l’argent, où il part, et ce qui fait bouger la balance. À vous ensuite de construire votre prévisionnel avec des devis réels, idéalement avec un expert-comptable.
Trois façons de rouler, trois équations
Artisan titulaire d’une ADS
Vous encaissez toutes les courses et supportez toutes les charges. Si vous avez racheté une autorisation antérieure à 2014, son financement pèse sur vos comptes : la fiche F21907 indique des prix observés de 30 000 à 300 000 €, environ 190 000 € à Paris.
Locataire-gérant
Vous exploitez le taxi et l’autorisation d’un titulaire, en lui versant une redevance. La location-gérance dure au moins 1 an. Seules les ADS délivrées avant le 1er octobre 2014 peuvent être exploitées ainsi.
Salarié
Vous conduisez le taxi d’une entreprise titulaire d’une ADS antérieure à 2014. Votre rémunération dépend de votre contrat de travail : lisez-le de près, ainsi que ce qu’il prévoit sur le véhicule et les horaires.
Ces formules sont comparées dans acheter ou louer une licence et dans taxi salarié ou locataire.
Les postes de recettes
- Les courses hélées et en station, dans le ressort de votre autorisation : c’est le privilège du taxi par rapport au VTC.
- Les courses réservées, en direct ou par une centrale de réservation, avec à Paris un supplément de réservation (4 € immédiate, 7 € à l’avance).
- Les forfaits aéroport, là où ils existent : à Paris, de 36 € à 65 € selon l’aéroport et la rive en 2026.
- Le transport de patients pour un taxi conventionné, avec une tarification propre : 13 € de prise en charge incluant les 4 premiers kilomètres, et un supplément « grande ville » de 15 €.
Le prix de chaque course est plafonné : prise en charge de 4,48 € au plus, 1,30 € au plus par kilomètre, 42,15 € au plus l’heure d’attente, 8 € minimum (tarifs maximums 2026). Le détail est dans taximètre et tarifs.
Les postes de charges
- Le véhicule : achat, crédit ou location longue durée, entretien, pneumatiques, contrôle technique annuel (qui inclut le contrôle du taximètre).
- L’énergie : carburant ou recharge, qui varie avec le kilométrage, notamment à vide.
- Les équipements spéciaux : taximètre, dispositif lumineux, imprimante, terminal de paiement, et leur maintenance.
- Les assurances du véhicule et de l’activité.
- L’autorisation : remboursement du rachat, ou redevance de location-gérance.
- Les frais professionnels récurrents : carte professionnelle (environ 60 € tous les 5 ans), formation continue tous les 5 ans, visite médicale, abonnement éventuel à une centrale.
- Les cotisations sociales et les impôts, selon votre statut juridique.
La liste complète, poste par poste, avec ce qui se paie une fois et ce qui revient chaque année, se trouve dans le coût total d’installation.
Ce qui fait varier le résultat
- La zone : densité de clientèle, stations, gares et aéroports, concurrence locale.
- Les horaires : les tarifs B et D de nuit, du dimanche et des jours fériés sont plus élevés, mais ces heures ont leurs contraintes.
- Le temps en charge : les attentes en station et les retours à vide pèsent plus que le prix de la course.
- Le conventionnement : il apporte une clientèle régulière, mais il suppose 3 ans d’exploitation de l’ADS (voir taxi conventionné).
- Le statut et le coût de l’autorisation, qui fixent vos charges de départ.
Méfiez-vous des promesses de revenus dans une offre de location ou de vente de licence. Demandez les relevés réels, faites établir un prévisionnel par un professionnel du chiffre et comparez avec l’option VTC si vous hésitez encore.
Le parcours d’entrée dans le métier est résumé dans devenir chauffeur de taxi. D’autres articles sont sur le blog.
Bâtir son projet sur des bases solides
Commencez par la formation : un centre de votre département vous rappelle et vous présente son calendrier.
Sources
- Arrêté du 24 décembre 2025 relatif aux tarifs des courses de taxi, JORF du 31 décembre 2025, Légifrance (consulté le 5 novembre 2026).
- Arrêté du 22 janvier 2024 (définition des tarifs A, B, C et D), Légifrance (consulté le 5 novembre 2026).
- Fiche « Taxi : tarifs et obligations », entreprendre.service-public.gouv.fr (F22127), vérifiée le 13 août 2026 (consulté le 5 novembre 2026).
- Fiche « Chauffeur de taxi », entreprendre.service-public.gouv.fr (F21907), vérifiée par l’administration le 13 juillet 2026 (consulté le 5 novembre 2026).
- Arrêté du 29 juillet 2025 approuvant la convention-cadre nationale des taxis conventionnés, JO du 8 août 2025, Légifrance (consulté le 5 novembre 2026).
- Code des transports, articles L3121-1 et suivants (autorisations de stationnement), Légifrance (consulté le 5 novembre 2026).